Blog & conseils · MM FISH · Publié le 29 septembre 2026

Têtes, arêtes et peaux : organiser les coproduits du filetage

Contrôle visuel d’un poisson ouvert sur glace avant préparation chez MM FISH

Avant une prestation de filetage à façon, il faut décider ce que deviennent les têtes, arêtes, peaux, parures et viscères. Ne les regroupez pas sous le seul mot « déchets » : certains éléments peuvent être demandés en retour, d’autres sont écartés de la consommation humaine et suivent alors une filière distincte. Le cahier des charges doit fixer leur destination, leur pesée, leur conditionnement et leur identification avant le début du lot.

La réponse courte : décider avant la préparation

Ajoutez au bon de préparation un tableau « éléments issus du filetage ». Pour chaque matière, écrivez : conserver ou écarter, destination prévue, unité de pesée, conditionnement, identification et responsable de la prise en charge. Cette décision évite de mélanger rendement commercial, retour au client et matières sorties de la chaîne alimentaire.

Pourquoi le mot « perte » est trop imprécis

Un écart entre poids brut et poids net ne correspond pas à une seule réalité. Il peut inclure des parties demandées par le client, des parures liées à la finition, des viscères ou des matières non destinées à la consommation humaine. Les distinguer rend le rendement lisible et évite les contestations sur ce qui devait être restitué.

Les six décisions à écrire dans le cahier des charges

1. Nommer chaque matière séparément

Créez une ligne pour les têtes, une pour les arêtes ou carcasses, une pour les peaux, une pour les parures et une pour les viscères si elles sont concernées. Une consigne globale comme « rendre les chutes » ne permet pas de contrôler précisément le résultat.

2. Fixer la destination attendue

Pour chaque ligne, indiquez si la matière doit être restituée, conservée dans le flux alimentaire prévu par le client ou écartée de la consommation humaine. La destination doit être cohérente avec l’état de la matière et les règles applicables ; elle ne se décide pas implicitement à la fin du travail.

3. Séparer les pesées

Suivez au minimum le poids brut reçu et le poids du produit fini. Si les coproduits comptent commercialement, ajoutez leur poids par famille. Notre guide sur le rendement du filetage explique comment éviter de confondre rendement technique et coût réel du produit fini.

4. Définir le conditionnement

Précisez le contenant attendu, le nombre d’unités par bac ou colis et la règle de fermeture. Les matières retournées ne doivent pas être mises sans consigne dans le même contenant que le produit fini. Si plusieurs familles sont rendues, prévoyez des contenants identifiables séparément.

5. Maintenir le lien avec le lot

Le lot d’origine doit rester identifiable lorsque des éléments sont séparés pendant le filetage. Utilisez la même référence de lot, complétée si nécessaire par la nature de la matière et le numéro du contenant. Le guide sur la traçabilité du poisson en préparation B2B détaille cette continuité.

6. Prévoir les exceptions

Écrivez la conduite à tenir pour une tête abîmée, une peau déchirée, une parure non conforme à l’usage prévu ou une quantité inattendue : restitution, isolement, déclassement ou validation préalable. Une exception doit avoir un statut explicite, pas être ajoutée silencieusement à un autre flux.

Calculer le rendement sans tout appeler « déchet »

La lecture la plus utile est : matière reçue = produit fini + coproduits suivis + matières écartées + éventuel écart de mesure. Les quatre valeurs ne doivent pas forcément être facturées ou valorisées de la même manière, mais elles doivent pouvoir être expliquées.

Raisonner par destination, pas seulement par poids

Deux prestations avec le même rendement net peuvent avoir des organisations très différentes. Dans l’une, les têtes et arêtes sont restituées ; dans l’autre, elles ne sont plus destinées à la consommation humaine. Le tableau de sortie doit donc rapprocher chaque poids de sa destination réelle.

Aliment ou sous-produit animal : ne pas mélanger les cadres

La décision de destination change les obligations

Le règlement (CE) n° 1069/2009 encadre les sous-produits animaux et produits dérivés qui ne sont pas destinés à la consommation humaine. Son article 10 recense notamment des matières de catégorie 3 provenant de la fabrication d’aliments et certaines matières issues d’animaux aquatiques. La qualification dépend de la matière et de sa destination : elle ne doit pas être déduite du seul mot « parure ».

Séparation, identification et documents

Lorsque des matières entrent dans la filière des sous-produits animaux, leur collecte, leur transport et leur identification relèvent aussi des modalités du règlement (UE) n° 142/2011. Le cahier des charges doit donc préciser qui fournit les contenants, qui prend en charge les matières et quels documents accompagnent le mouvement.

Ne pas requalifier après coup

Une matière écartée du circuit alimentaire ne doit pas être remise dans ce circuit par simple décision commerciale tardive. En pratique, la destination, les conditions de conservation et la filière doivent être définies avant la préparation et intégrées aux procédures des opérateurs concernés.

La fiche à transmettre avant le lot

  • Espèce, présentation et référence du lot reçu.
  • Produit fini attendu et critères de parage.
  • Liste des têtes, arêtes, peaux, parures ou viscères à suivre.
  • Destination prévue pour chaque famille.
  • Pesée, contenant, étiquette et nombre de colis.
  • Responsable de la collecte ou de la restitution.
  • Règle applicable aux matières non conformes ou non prévues.

Cette fiche peut être jointe au cahier des charges de préparation principal.

Questions fréquentes

Peut-on demander la restitution des têtes et des arêtes ?

Oui, si cette restitution est définie avant la prestation, compatible avec la destination prévue et organisée avec les conditions de conservation, d’identification et de transport appropriées. Elle ne doit pas être supposée automatiquement.

Les coproduits entrent-ils dans le calcul du rendement ?

Oui, lorsqu’ils sont pesés et suivis séparément. Présentez alors le rendement du produit fini d’un côté et les quantités de coproduits restitués ou orientés vers une autre destination de l’autre.

Peut-on choisir leur destination après le filetage ?

Il vaut mieux l’éviter. Le statut de la matière influence sa séparation, son contenant, sa conservation, son identification et sa prise en charge. Une décision tardive crée un risque de mélange ou d’information incomplète.

MM FISH peut-il intégrer ces consignes à une étude ?

Présentez l’espèce, le produit fini attendu et la liste des éléments que vous souhaitez suivre ou récupérer. MM FISH étudie la demande professionnelle et vous confirme le cadrage possible, sans présumer de la destination réglementaire des matières.

Cadrer votre prestation de filetage avec MM FISH

Vous êtes grossiste, mareyeur, distributeur, restaurateur ou cuisine centrale autour de Rungis et Wissous ? Envoyez votre besoin et la destination souhaitée pour chaque élément issu du filetage via la page Contact MM FISH.